La vieille vigne « Trotte Putain »

Trotte putain ? Ce patronyme surprenant ne vous aura sans doute pas laissé indifférent.
Il s’agit tout simplement du nom du lieu-dit où se trouve une parcelle de vignes centenaires.
Ce nom pourrait être inspiré de l’expression utilisée autrefois par les vignerons pour stimuler leur compagnon de travail à 4 pattes. Pas de mécanisation à l’époque ! Mais une bonne dose de courage, d’huile de coude et d’entente avec son cheval, histoire de ne pas transformer son passage en un désastreux arrachage de ceps.

Cette parcelle de 70 ares de Pineau d’Aunis a été plantée en 1905, après la crise du phylloxéra. C’est aujourd’hui le théâtre de curiosités viticoles, puisqu’on y travaille encore de manière ancestrale. En effet, un désherbage mécanique par traction animale y est pratiqué grâce à un outil spécialement adaptés à nos chevaux de trait. Quand les conditions météorologiques de l’année le permettent, cette parcelle de Trotte Putain est stimulée, enrichie et protégée avec des composés naturels alternatifs tels que des purins, macérations, déjections de lombrics, etc. Elle est en somme un lieu d’expérimentation de nouvelles pratiques plus douces pour la vigne et son environnement.

La Vigne Trotte-Putain
La Vigne Trotte-Putain

La récolte produite sur cette parcelle aura le privilège d’être vendangée à la main, un rendez-vous annuel mariant authenticité et convivialité, avec un petit air d’autrefois… à croquer (on ne peut pas s’empêcher de goûter à ces baies juteuses !). Une partie de la vendange sera immédiatement pressée puis vinifiée au plus simple comme pour nos autres vins et nous permettra d’obtenir notre Gris Trotte Putain, un vin sec, minéral et frais, à la robe rose pâle et aux arômes légèrement poivrés.
La seconde partie de la vendange sera placée en cuve pour obtenir une macération du jus et des baies de raisin et ainsi obtenir, après vinification, notre Rubis Trotte putain, minéral et frais, mais cette fois à la robe rubis clair et aux notes légèrement épicées et poivrées.

Pour ces deux cuvées, l’objectif est de parvenir à les mettre en bouteille sans sulfites ajoutés (ni autre intrant) pour vous proposer un produit toujours plus authentique. Cela nécessite du temps, une observation fine et de la patience, pour en quelque sorte réussir à « apprivoiser » cette matière vivante qu’est le vin.